Nous avons besoin de trains, de services publics et de cheminots à Thouars

🚆 L’avenir de la ligne TER Les Sables-d’Olonne – Saumur, qui traverse le Nord Deux-Sèvres par Cerizay, Bressuire et Thouars, s’assombrit de plus en plus. Cette fermeture quasi annoncée au transport de voyageurs serait une faute sociale, écologique, territoriale et historique.

Comme chacun le sait, à Thouars, le rail n’est pas un détail. Il fait partie de notre histoire collective. L’arrivée du chemin de fer en 1873 a profondément transformé la ville. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Thouars est devenu un carrefour ferroviaire majeur, à la croisée de plusieurs lignes structurantes. La ville s’est développée avec le rail, des quartiers entiers se sont organisés autour de cette activité, et une véritable culture cheminote s’est enracinée ici.

Nous sommes une ville où le train faisait vivre des familles, des commerces, des solidarités, des engagements politiques et syndicaux, une vie populaire. Dans les années 1930, les cheminots représentaient une part considérable de la population thouarsaise. Cet héritage, utile à la bifurcation écologique de notre région, est aussi une mémoire sociale bien présente dans notre territoire.

Ce qui se joue autour de cette ligne, ce n’est donc pas seulement l’avenir du Train des plages. C’est bien l’avenir d’un territoire que l’on continue de pousser toujours plus vers l’enclavement. C’est l’avenir d’un service public ferroviaire exsangue. C’est aussi l’avenir du travail des derniers cheminots implantés à Thouars.

Je veux exprimer toute ma solidarité avec les cheminots de Thouars. Derrière l’ensemble des décisions techniques, les reports de travaux, les financements gelés et cette menace de fermeture, il y a des métiers, des savoir-faire, des vies et des familles. Si l’activité ferroviaire recule encore, ce sont aussi leurs missions qui risquent de s’éloigner toujours plus de Thouars. On ne peut pas prétendre défendre l’attractivité du Nord Deux-Sèvres tout en laissant partir les emplois, les services publics et les métiers qui structurent notre territoire.

Le scénario, c’est une rengaine néolibérale : on sous-investit pendant des années, on laisse la voie se dégrader, puis on explique que la ligne coûte trop cher, qu’elle n’est pas assez fréquentée ou qu’elle ne serait plus prioritaire. C’est la logique mortifère du service public qu’on affaiblit avant de justifier son recul.

Ça suffit ! Les transports ne doivent pas être pensés selon la rentabilité immédiate, mais selon les besoins, l’égalité entre les territoires et l’urgence écologique. Se déplacer est un droit. Habiter à Thouars, à Bressuire, à Cerizay ou dans une commune rurale du Nord Deux-Sèvres ne devrait plus, en 2026, nous condamner à la dépendance totale à la voiture.

Nous entrons dans une période où notre société devra se défaire du pétrole. Se défaire du pétrole, cela veut dire organiser concrètement d’autres manières de se déplacer, de travailler, d’étudier, de rejoindre les services publics, les proches, les lieux de loisirs. Cela veut dire investir massivement dans le train, les lignes du quotidien, les petites lignes, les gares et les correspondances.

De ce point de vue, les solutions globales se trouvent du côté du programme de La France insoumise : défendre les transports comme un droit, remettre le service public au centre, régénérer le réseau ferroviaire existant, refuser les fermetures de lignes et planifier la bifurcation écologique. Mais il faut aussi vouloir aller plus loin car, à bien des égards, ce programme devra être, et je l’espère sera demain, encore plus ambitieux sur sa politique ferroviaire. Une société qui se défait du pétrole ne peut pas se contenter de sauver quelques lignes. Elle doit refaire du rail une colonne vertébrale du pays, surtout dans les villes moyennes, les territoires ruraux et les bassins de vie populaires.

Pour la ligne Les Sables-d’Olonne – Saumur, cela implique des actes clairs :

✅ le maintien de la ligne et du Train des plages
✅ un calendrier public et contraignant de régénération complète de la voie
✅ le dégel et la sanctuarisation des financements nécessaires
✅ une coordination réelle entre l’État, SNCF Réseau et les Régions concernées
✅ des horaires utiles aux habitants, aux jeunes, aux salariés
✅ des cars de rabattement vers les gares
✅ des guichets, des agents, de l’accessibilité et une tarification réellement populaire

Nous avons besoin de trains.
Nous avons besoin de services publics.
Nous avons besoin de cheminots à Thouars !