Après la prise du palais d’hiver de Pétrograd en octobre 1917, les bolcheviques emmenés par Lénine prennent le pouvoir le 07 novembre. Cette accession n’est pas sans résistances de la part des anti-bolcheviques représenté par les blancs souvent d’anciens généraux tsaristes et certaines populations locales. Les puissances étrangères alors plongées dans la Première Guerre mondiale ne sont pas insensibles non plus à cette prise de pouvoir par les bolcheviques en Russie qu’elles perçoivent comme un danger. Pour faire face à ces multiples menaces et maintenir leur pouvoir, les bolcheviques mettent en place une garde rouge qui par la suite deviendra l’Armée rouge. L’objet de notre étude se fixe comme cadre géographique celui de la Russie Occidentale allant des pays de la mer baltique à l’Ukraine. C’est dans cette vaste zone que les combats furent les plus intenses durant la guerre civile Russe de 1917 à 1922. La Russie est alors dans une période de troubles depuis le renversement de l’Ancien Régime tsariste. Lénine, alors président du Conseil des commissaires du peuple, en vue d’une paix sur le front de l’Est, souhaite une négociation avec les Allemands. Les alliés ne voient pas d’un bon œil cette tentative de négociation avec l’Empire Allemand. Empire qui accélère les combats face aux Russes pour contraindre les bolcheviques de signer un traité qui leur sera défavorable. En effet, les conditions du traité de Brest-Litovsk signé par la Russie le 3 mars 1918 suscite un fort mécontentement du côté des oppositions aussi bien des socialistes que des mencheviks et des blancs, ces derniers espèrent utiliser ces dissensions politiques pour faire valoir leur entreprise contre-révolutionnaire. Ces conditions poussent l’état-major bolchevique à la mise en place dans l’urgence d’une armée pour succéder à l’armée impériale Russe. Cette armée voit le jour en janvier 1918 avec à sa tête Léon Trotsky qui est nommé commissaire à la guerre. La guerre civile contre les blancs enfonce la Russie dans une crise sans précédent ébranlant d’emblée les fondations de la jaune république bolchevique. Cette période de l’histoire de la Russie continue d’engendrer de nombreux débats entre historiens, ceux-ci sont souvent influencés par une lecture politique et idéologique des événements de la guerre civile Russe. Pour la réalisation de ce dossier, un ouvrage m’a particulièrement aidé, il s’agit de l’ouvrage de Jean-Jacques Marie intitulé : “La guerre civile russe, 1917-1922 : armées paysannes rouges, blanches et vertes”. Cet ouvrage met en lumière les différents acteurs et la complexité de cette guerre civile. Ainsi, nous nous demanderons comment la création et le développement de l’Armée rouge a permis aux bolcheviques d’installer leur pouvoir en Russie lors de la guerre face aux armées blanches ? Pour répondre à cette problématique, nous verrons dans notre dossier sur quelle base a été créée l’Armée rouge, puis dans un second temps, nous nous intéresserons à la manière dont cette armée a fait face aux armées blanches sur de multiples fronts. Enfin, nous étudierons les conséquences de la victoire de l’Armée rouge et de la guerre civile russe.
La création de l’Armée rouge, un instrument essentiel pour la survie du pouvoir bolchevique (1917 – 1919)
Les origines de la création de l’Armée rouge
L’Armée rouge naît de la nécessité pour la république bolchevique de mettre en place une armée en adéquation avec sa doctrine communiste pour remplacer le vide laissé par la dissolution de l’armée tsariste après la Révolution d’octobre 1917. Lénine fonde d’abord la RKKA, l’Armée rouge des ouvriers et paysans pour intervenir au plus vite sur le front allemand avant la signature du traité de Brest-Litovsk. Mais cette armée composée en milices paysannes et ouvrières faiblement équipées et peu entraînées se fait balayer par la Wehrmacht. Cette débâcle contraint Lénine a accepté les conditions du traité de Brest-Litovsk le 3 mars 1918 comportant la perte d’environ ⅓ de la population russe, de 54 % de ses industries et de 89 % de ses mines de charbon. Lénine, qui est un piètre stratège militaire, doit trouver une solution pour rendre ces milices disciplinées et efficaces. Il charge alors Léon Trotsky de cette question. Celui-ci constitue l’Armée rouge en mettant en place un système d’encadrement des troupes en faisant appel aux anciens généraux de l’armée tsariste. Parmi les volontaires de cette armée figuraient d’anciens soldats de la grande guerre, des ouvriers et des paysans mobilisés par l’idéal révolutionnaire et la promesse d’un changement de l’ordre social. L’Armée rouge à sa création est d’abord pensée comme une armée de classe, celle des prolétaires et non comme une armée de métier. Le rôle de certains anciens officiers tsaristes dans l’Armée rouge était souvent ambigu, beaucoup la rejoignant par opportunisme, d’autres par convictions. Trotsky mise avant tout sur leur expérience militaire pour structurer, encadrer et former les troupes. Pour s’assurer de la loyauté de ses généraux, Trotsky les met sous la tutelle d’officiers commissaires politiques directement en lien avec le parti. Les paysans quant à eux fournissent le plus gros des contingents de soldats et des ressources essentielles pour soutenir l’effort de guerre. Leur participation reflète à la fois les aspirations révolutionnaires et les intérêts pragmatiques de défense de leurs communautés dans l’accès à la terre promis par les bolcheviques.
La Quête de discipline : Les efforts de trotsky pour structurer l’Armée rouge
Architecte de l’Armée rouge et nommé par Lénine Commissaire du Peuple aux Affaires militaires, Trotsky a sans nul doute joué un rôle central dans la guerre civile russe. Ses efforts permettent d’établir une chaîne de commandement mieux établie et plus efficace que les milices des gardes rouges. Cependant, cette armée, faisant face à des problématiques pour se nourrir et ayant un matériel et un équipement limités par rapport à ses adversaires, va rapidement commettre des exactions, pillages, obligeant les bolcheviques à procéder à la réquisition des excédents de productions ce qui va mécontenter la paysannerie. Elle est également sujette à un fort taux de désertion et à un manque de discipline qui va contraindre l’état-major bolchevique à les réprimer par la condamnation à mort et la mise en place de pelotons d’exécution. La recherche de la discipline dans les rangs de l’Armée rouge reste la priorité durant la guerre civile. Les conditions difficiles sur le front, avec un matériel et un équipement limités ainsi que des pénuries alimentaires, ont contribué à l’instabilité au sein des troupes. La propagande politique et la coercition permettaient en grande partie la mobilisation de volontaires au sein des rouges. En effet, les bolcheviques ont d’abord mobilisé les masses en utilisant des slogans révolutionnaires. Malgré tout et au vu de la multiplication des combats, l’État bolchevique mettra en place la conscription en juin 1918 afin d’enrôler plus de soldats. Au-delà de son armée, l’État soviétique souhaite soumettre par la force toutes les oppositions dans le cadre de la terreur rouge faisant entre 50 000 et 200 000 morts mise en place par l’Armée rouge et la Tchéka.
Les alliances et les enjeux internationaux dans la formation de l’Armée rouge
Les relations de l’Armée rouge avec les autres forces armées russes, notamment les mouvements révolutionnaires et les mouvements indépendantistes sont marquées par des alliances à géométrie variable et des conflits internes. En effet, les bolcheviques ont cherché à établir des alliances tactiques avec certains groupes révolutionnaires, tout en réprimant violemment d’autres factions considérées comme des ennemis potentiels dans le cadre de la terreur rouge. Par exemple, les bolcheviques coopèrent avec les partisans des Soviets, tout en combattant les mouvements socialistes-révolutionnaires les plus radicaux favorables à la guerre contre l’Empire Allemand durant les années 1917 et 1918. L’intervention de forces internationales mécontentes de la paix avec les Allemands a également eu un impact significatif sur la formation et les opérations de l’Armée rouge. Les Soviétiques ont fait face à des armées opposées soutenues par plusieurs pays anciennement alliés, notamment la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, qui ont fourni un soutien financier, matériel et militaire aux armées blanches. C’est notamment le cas lors de la Guerre d’Indépendance estonienne de 1918 à 1920 où l’offensive de l’Armée rouge échoue face à la campagne défensive menée par les blancs, les Estoniens et leurs alliés, dont le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark et la Finlande. Cette guerre se conclut par la victoire et l’indépendance de l’Estonie acté par le traité de Tartu le 2 février 1920. Ces interventions étrangères ont compliqué la situation de la guerre civile, contribuant à prolonger le conflit. Malgré ces défis, l’Armée rouge a réussi à surmonter les obstacles pour sortir victorieuse de la guerre civile russe. Son succès a été attribuable à une combinaison de facteurs, notamment la mobilisation de plus en plus efficace des ressources humaines et matérielles, une organisation militaire solide et une idéologie mobilisatrice. La victoire de cette armée a non seulement consolidé le pouvoir bolchevique en Russie, mais elle a également eu des implications profondes pour l’histoire du XXe siècle, marquant le début de l’ère soviétique et de la confrontation entre le communisme et le capitalisme sur la scène internationale.
L’Armée rouge face aux armées blanches, la marche vers Moscou et la bataille de Pétrograd (1919)
La guerre civile russe : un conflit multiforme et complexe
Durant les années 1917 à 1920, la Russie est le théâtre d’affrontements sans merci dû à la décomposition des strates du pouvoir impérial. Les stigmates de la Première Guerre mondiale chez les Russes sont vifs. L’Armée rouge tout juste constituée par la jeune république bolchevique doit faire face à divers fronts. La diversité des forces en présence témoigne de la complexité de la guerre civile russe et d’un conflit fragmenté. D’un côté, l’Armée rouge doit combattre contre les armées blanches composées d’une armée au Nord, une au Sud dite l’Armée des Volontaires commandée par les généraux Anton Dénikine et Piotr Wrangel et une à l’Est commandée par l’amiral Koltchak. Les troupes blanches sont des groupes de volontaires anti-bolcheviques qui représentent une opposition organisée militairement au régime soviétique. Mais ces forces n’ont pas le même projet politique. Elles incluent aussi bien des partisans de l’Ancien Régime tsariste, des nationalistes russes, des tchécoslovaques, des cosaques et des partisans du gouvernement provisoire de février 1917. Les blancs trouvent un appui dans le soutien de puissances étrangères hostiles à la révolution bolchevique. De l’autre côté, l’Armée rouge doit aussi prendre en compte les insurrections paysannes qui tantôt combattent à ses côtés contre les blancs puis se retrouvent à combattre contre les rouges. Ces armées paysannes sont appelées les armées vertes, elles sont notamment actives sur le front ukrainien et constituent une autre facette de la guerre civile russe. La plus connue de ces armées vertes est très certainement la Makhnovtchina avec à sa tête l’anarchiste révolutionnaire Nestor Makhno. Les généraux et chefs de ces armées, qu’elles soient blanches, vertes ou rouges, ont joué des rôles majeurs dans la direction et la stratégie de leurs forces militaires.
Les tactiques de l’Armée rouge et son adaptation aux conditions de la guerre civile
Les armées blanches ayant raté une première occasion de s’ouvrir le passage vers Moscou faute de renseignement en 1918 après la prise de Kazan vont réitérer cette opération un an plus tard avec à leur tête le général Dénikine et son Armée des Volontaires. Pendant ce temps, l’Armée rouge développe des tactiques militaires adaptées aux conditions de la guerre civile qui est une guerre fragmentée et particulièrement étendue sur plus de 750 km à l’année 1919. Leur stratégie défensive a notamment été mise en pratique lors de la bataille de Pétrograd entre le 28 septembre et le 14 novembre 1919, mais aussi pendant la marche vers Moscou. Lors du lancement de son opération de marche vers Moscou, le général Dénikine et ses troupes, sont confiantes quant à la réussite de leur offensive. Il n’en est rien puisque son armée se retrouve à faire face à un autre front à l’arrière, celui des paysans ukrainien de la Makhnovtchina. L’armée de Makhno empêche le ravitaillement des troupes de l’Armée des Volontaires, les blancs manquent de réserves et souffrent d’une désorganisation de leurs arrières obligeant Dénikine à diviser son armée pour continuer son offensive vers Moscou. Le manque de cohésion, de renseignements et de communications au sein des armées blanches ne leur permettent pas de lancer des attaques massives et coordonnées. Cette stratégie de marche vers Moscou se révèle être un échec cuisant pour l’Armée des Volontaires. Dans le même temps, la bataille de Pétrograd a été un moment crucial dans la guerre civile russe. Les bolcheviques réussissent à défendre l’ancienne capitale contre les assauts des armées blanches, grâce à des tactiques défensives efficaces et à la mobilisation de la population locale en soutien à la révolution. Les combats féroces dans les rues de Pétrograd illustrent la détermination de l’Armée rouge à protéger ce qui représente alors le cœur de la révolution d’octobre 1917.
Les facteurs de la victoire de l’Armée rouge sur ses adversaires
Les techniques de combat restent majoritairement au corps-à-corps avec l’utilisation de la cavalerie et de l’artillerie prêt des voies de chemin de fer ce qui permet à l’Armée rouge qui dispose d’un vivier plus important de soldats dû à la conscription de rapidement prendre le dessus sur les armées blanches. Les blancs étant une armée de volontaires, ne pouvaient pas faire face en nombre même s’ils étaient parfois mieux équipés que les bolcheviques. L’utilisation du réseau de chemin de fer par Trotsky et son armée pour rallier les différents fronts, transporter des vivres et du matériel est également un des facteurs essentiels à la victoire de l’Armée rouge. Ces trains jouent un rôle décisif dans cette période, les blancs et les rouges les utilisent continuellement de 1919 à 1922. Avec les échecs des armées blanches à Pétrograd et dans les opérations de la marche vers Moscou l’Armée rouge prend définitivement le dessus sur les blancs en manque de cohésion. En effet, l’absence d’un projet politique commun entre les armées blanches provoque des divisions entre les généraux qui n’ont pas les mêmes ambitions pour l’avenir de la Russie. De plus, l’assassinat de la famille impériale dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 vient mettre à mal les espoirs d’un retour de la Russie Impériale. Les blancs ne font pas le poids face à la clarté idéologique et la cohésion grandissante de l’Armée rouge unie autour des idéaux communistes avec comme objectif principal d’exporter la révolution dans les pays voisins. Cette armée d’ouvriers et de paysans bien qu’elle soit sujette à la désertion et à la trahison finit par progressivement disperser les armées blanches qui sont dans l’incapacité de construire une réponse commune au projet des Soviétiques.
III. Les conséquences de la victoire de l’Armée rouge sur les blancs (1920 – 1922)
La consolidation du pouvoir bolchévique en Russie après la guerre civile
Dans les années 1920 à 1922, les victoires de l’Armée rouge s’enchaînent, chassant les armées blanches de Russie tout en matant les insurrections paysannes en Ukraine en dispersant l’armée de Makhno. Au large de la mer baltique, l’Armée rouge réprime dans le sang la révolution des marins de Kronstadt. Ces victoires ouvrent la voie à la consolidation du pouvoir bolchevique en Russie. Puisqu’à la fin de la guerre civile, ceux-ci entreprennent la création et la mise en œuvre du régime soviétique, marquant la fondation en 1922 de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Ce nouveau régime politique, basé sur la doctrine du marxisme-léninisme, se caractérise par un contrôle centralisé de l’économie, de la politique et de la société des Républiques socialistes par le Parti communiste. La création de ce régime n’efface pas les stigmates de la guerre civile et son bilan qui a laissé la Russie dans un état de dévastation économique et sociale. En effet, la quasi-totalité des infrastructures étaient alors en ruines, la Russie très faiblement industrialisée par rapport aux pays occidentaux est à la marge du monde économique. De plus, la population souffre de la famine dû aux mauvaises récoltes et aux réquisitions par l’armée. Pour répondre à ces différentes problématiques, le régime bolchevique entreprend la reconstruction économique du pays en 1921 avec l’annonce par Lénine de la mise en place de la Nouvelle Politique Économique (NEP). Celle-ci mène à une série de réformes visant à restaurer l’économie en permettant une certaine libéralisation des activités économiques et une tolérance du capitalisme d’État.
L’expansion de l’influence bolchevique vers l’Ouest
Une fois les menaces des armées blanches et des armées vertes écartés par les bolcheviques ceux-ci ont pu se tourner vers l’exportation de l’idéal révolutionnaire communiste à l’Ouest. Cette expansion est un objectif majeur des dirigeants soviétiques, ils emploient alors l’Armée rouge dans des opérations pour libérer les prolétaires des pays voisins. L’Armée rouge étant l’armée d’une idéologie et non pas d’un état en particulier, celle-ci décide de continuer le combat avec l’appui du Parti communiste. L’armée cherche alors à exporter la révolution et à étendre leur contrôle politique au-delà des frontières de la République bolchevique. Les forces bolcheviques tentent d’intervenir dans les affaires intérieures des pays voisins, en soutenant les mouvements révolutionnaires et communistes locaux. Cependant, cette expansion a été confrontée à des obstacles, notamment l’opposition des gouvernements étrangers et les résistances nationalistes dans les pays ciblés. L’arrêt des troupes de l’Armée rouge à l’Ouest après la bataille de Varsovie lors du miracle de la Vistule en 1920 marque la fin de l’expansionnisme bolchevique vers l’Ouest. Cette défaite face à l’armée polonaise met un terme aux ambitions territoriales des Soviétiques. Malgré ce revers contre la jeune République polonaise, les bolcheviques se sont tournés vers la consolidation de leur régime en concluant des traités de paix et des accords de reconnaissance avec les États étrangers. Ces accords permettent à l’URSS de gagner en légitimité sur la scène internationale et contribuent à la stabilisation de son régime lui permettant de surmonter l’isolement international causé par la révolution de 1917.
Le bilan et l’héritage de la guerre civile
Le bilan humain de la guerre civile russe est désastreux, elle se solde par la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes. Les chiffres ne sont pas précis, il diffère selon les historiens variant entre 8 et 20 millions de morts. Ce dont nous sommes certains, c’est qu’il ne s’agit pas seulement de morts aux combats, mais essentiellement de décès dû aux maladies comme le typhus et la famine causé par la réquisition des récoltes et les pillages commis par les armées blanches et rouges. Au total, plus de 15 millions d’hommes ont été engagés dans la guerre civile, qui compte plus de 5 millions de blessés et des centaines de milliers de mutilés. La guerre civile a donc décimé la population russe, en proie à la famine, forçant l’État soviétique à alléger les réquisitions et à engager des réformes pour éviter un soulèvement de la population paysanne. La Révolution russe et la guerre civile sont devenues des enjeux mémoriels importants par la suite pour l’URSS. Le régime soviétique a érigé des statuts et créé des lieux de commémoration pour perpétuer le souvenir de ces événements. Ces efforts visaient à cimenter l’identité de l’État soviétique autour de la victoire des bolcheviques et de la création d’un nouvel ordre social et politique. L’héritage de la Révolution russe et de la guerre civile continue d’influencer la Russie contemporaine. La période a non seulement façonné l’histoire russe, mais a également eu un impact sur les mouvements révolutionnaires mondiaux. Les idéaux et les luttes de cette époque restent une source d’inspiration et d’intenses débats, mettant en avant la complexité et les controverses de l’héritage soviétique dans la Russie post-soviétique. L’héritage contemporain de la Révolution russe continue de jouer, un siècle plus tard, un rôle important dans la compréhension de l’histoire de l’identité russe.
L’ensemble de ces éléments nous montre bien le rôle central qu’à joué l’Armée rouge dans la consolidation et l’installation du pouvoir soviétique durant la révolution et la guerre civile. Avec son organisation, sa mobilisation de masse et ses tactiques militaires adaptées à la fois défensivement et offensivement, l’Armée rouge a su faire face aux armées blanches et vertes. Pour cela elle a pu compter sur sa cavalerie contenant plus de 40 000 sabres, son artillerie et ses forces blindés en développement. Ces conflits ont laissé une empreinte indélébile dans l’actuelle Russie et les anciens pays du bloc soviétique. Sur le plan mémoriel, la révolution russe et les forces de l’Armée rouges ont été commémorées par le régime soviétique jusqu’à la chute de l’URSS. De nombreuses statues et monuments aux morts personnifiés à la gloire de Lénine et de l’Armée rouge ont été construits dans la plupart des villes du régime. Après la chute du régime soviétique, plusieurs d’entre elles ont été déboulonnées, signe que ces souvenirs sont douloureux et alimentent toujours un siècle plus tard des tensions dans la mémoire collective. Toutefois, cette guerre civile a permis un semblant de réconciliation nationale au long du XXe siècle à travers la consolidation du régime soviétique et la mise en place de nouvelles structures politiques et sociales. La victoire de l’Armée rouge sur les armées blanches a permis l’établissement d’un ordre nouveau avec la formation en 1922 du bloc communiste de l’URSS. Néanmoins, il est important de noter que l’Armée rouge et l’État bolchevique ont aussi assis leur pouvoir par la coercition et les exactions de la terreur rouge. L’étude de ces événements demeure malgré tout essentielle pour comprendre les dynamiques politiques et les enjeux militaires du XXe siècle. La création de l’Armée rouge a été l’élément fondamental à la survie du pouvoir bolchevique enlisé dans les conflits contre les anti-révolutionnaires blancs et les armées paysannes vertes.
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